Que voici un instant je n'existais pas Le sais-tu ? Et tu dis non. Je sens alors, pourvu que je ne me hâte, Que je ne cesserai jamais d'être.
Je suis bien plus qu'un rêve dans un rêve. Seul ce qui languit pour l'orée Est comme un jour et comme un son Et se presse, étranger, échappant à tes mains, Pour découvrir la vaste liberté - Et elles s'ouvrent tristement.
Accepte ce qui t'adviendra : le Terrible et le Beau. Il suffit d'aller : nul sentiment n'est le plus loin. Ne permets pas que l'on nous sépare. Proche est le pays Qu'ils appellent Vivre. Tu le reconnaîtras à sa gravité.
Que voici un instant je n'existais pas
Le sais-tu ? Et tu dis non.
Je sens alors, pourvu que je ne me hâte,
Que je ne cesserai jamais d'être.
Je suis bien plus qu'un rêve dans un rêve.
Seul ce qui languit pour l'orée
Est comme un jour et comme un son
Et se presse, étranger, échappant à tes mains,
Pour découvrir la vaste liberté -
Et elles s'ouvrent tristement.
Accepte ce qui t'adviendra : le Terrible et le Beau.
Il suffit d'aller : nul sentiment n'est le plus loin.
Ne permets pas que l'on nous sépare.
Proche est le pays
Qu'ils appellent Vivre.
Tu le reconnaîtras à sa gravité.
Donne-moi la main.
Rainer Maria Rilke